26.09.2010

Vendanges d'autrefois et vendanges du XXIe siècle

P1030543nocolas assémat vendanges 2010.JPGLa période des vendanges est toujours un moment d’anxiété, entre la météo, la qualité des raisins, la quantité de la récolte, bref c’est à la fois une joie et une peur.

Il y a quelques décennies à Caunes comme dans toutes les régions viticoles l’amorce des vendanges voyait défiler des cohortes de vendangeurs. Parmi ces derniers des enfants à peine âgés de 12 ans, car la récolte des raisins était synonyme de « paiement du crédit » accordé par les commerçants du village.

Mais aussi couper le raisin faisait partie du travail attribué aux femmes et aux enfants. Le raisin était coupé à l’aide d'une serpette courbée munie d’un manche en bois. Les seaux à vendage était aussi en bois, imaginez le poids une fois plein de raisins !

Depuis plusieurs années la modernité est entrée dans le travail des vendangeurs, seau en métal puis en plastique, idem pour les « hottes » et les comportes.

Durant des siècles le cheval a été le moyen de transport, puis les tracteurs ont fait leur apparition et depuis une dizaine d’années de « gigantesques sauterelles » à moteurs ont pris place dans les vignobles.

Lors de leur apparition bien des avis ont été donnés :  destruction des plants de vigne, ou dégradation du sol, aujourd’hui leur apparition est saluée par la rapidité, par une meilleure récolte plus en douceur du raisin.

Mais ce qui a disparu avec la modernisation et irrémédiablement perdue la communication entre les vendangeurs qui d’une vigne à l’autre se saluaient, chantaient pour accélérer la cueillette, et le soir se retrouvaient au café du village pour danser.

De plus les vendanges closes le grappillonage pouvait commencer.

Une annonce du crieur public ou garde champêtre déterminait le jour de l’autorisation de ramassage.

La partie peu fortunée de la commune va rangée par rangée cueillir les « grappes oubliées ».

A Caunes petits producteurs et grands vivaient bien de leur récolte, maintenant la vigne semble ne plus pouvoir faire vivre décemment son « artisan » il serait anormal de songer qu’un savoir-faire ancestral, avec la mise en place de machines nouvelles, de cépages adaptés, d’une main d’œuvre hautement qualifiée que les caves coopératives, privées, ne sortent pas de ce marasme viticole.

Des tas de jeunes vignerons croient en un avenir meilleur tout comme l’ensemble de la filière économique induite par la vigne.

08:42 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

13.08.2010

La Route du sel passait par Caunes

P1030210plo de la sal bonne photo article.JPGQuand l’économie du sel devint un enjeu capital, deux puissances interne à la France vont se concurrencer, celle des moines face au pouvoir royal.

Les moines de Caunes ont dû s’incliner, le jugement de 1262 donna au roi et à lui seul le droit de percevoir les droits de « gabelle », les moines ont toutefois conservé un droit de mesurage.

A Caunes le « Plô de la Sal » ou place du sel a été un de ces sites lié à la route du sel.

Des magasins appartenaient aux moines : Ostel dè la Sal, saunal, ou ils déchargeaient et entreposaient le sel qui arrivait par convois de la mer. La fraude de cette épice très prisée était courante, pour le peser avec précision il fut établi des mesures en cuivre nommées « le minot » qui était égal à 42 kilos et jusqu’à la 25e fraction de cette unité.

Ces mesures ont servi de modèle, elles étaient marquées aux armes du roi au bureau des gabelles à Narbonne et étaient remises aux consuls des villes où se trouvaient les « greniers à sel ».

La commune de Caunes était à cette époque une véritable plaque tournante pour le sel ; ce dernier était transporté dans l’Albigeois pour les salaisons dont la réputation avait franchi allégrement toute la Montagne Noire.

Après le conditionnement et le mesurage, le sel était acheminé par les voies connues : Villerambert, Cabrespine, Pradelles Mazamet, Castres et enfin Albi ou une rue « du sel » existe encore.

Le moyen de transport était rudimentaire mais très efficace, les chars étaient tractés par des mules.

La place Plô de la Sal est toujours là, les maisons qui l’entourent portent encore les vestiges de ce commerce, et si l’amélioration en raison de la vétusté d’un ilot a permis de créer une place rénovée, son caractère lui est restée, c’est à Caunes une placette très photographiée par les touristes.

07:43 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

Commemoration du 66e anniversaire de la tragédie deTrassanel

P1030189tissie faury gerbe trassanel.JPGLe 8 août 1944 est une date inoubliable pour les habitants de Trassanel.

La tragédie du massacre des 47 maquisards est à chaque fois un fait d’actualité, le temps passe mais la douleur et le souvenir ne s’éteignent pas pour les résistants de La Montagne Noire, du Cabardés et du Minervois.

La Pierre Plantée témoignage de ceux qui veulent marquer dans « le marbre » le passage des rescapés momentané de la grotte située à quelque centaines de mêtres.

Deux plaques , l’une indique « Sentier du 8 Août 1944 » , la seconde mentionne « Maquis de la Montagne Noire, grotte de Trassanel, haut lieu de la résistance du Cabardés, Minervois. Enfants de tous pays le 8 août 1944 ce sentier fut le calvaire de 47 jeunes maquisards qui ont sacrifié leur vie pour que « tu sois un homme libre ».

P1030196trassanel remise gerbe.JPG Devant cette stèle les huit porte-drapeaux ont pris place parmi eux deux femmes : Nadine Jullia qui depuis 18 mois est le porte–drapeau de la résistance de Castelnaudary, Françoise Pages qui depuis 3 ans est le porte-drapeau départemental d’ARAC, ssociation républicaine des Anciens Combattants et des victimes de guerre, association qui a été fondée par Henri Barbusse.

Puis le président Vaissière a demandé le silence pour relater les faits de cette tuerie ou des jeunes de 16, 17 ans sont morts dans d’affreuses conditions. Les survivants de la grotte ont « monté le sentier abrupt chargés comme des mulets, avec pour encouragement des coups de crosse. La chaleur de l’été, la sueur qui attirait les insectes, la peur au ventre, avec des fusils en face d’eux prêts à tirer, ils ont gravi péniblement la colline pour une halte à l’endroit même où est érigée La Pierre Plantée. »

Le marbre rouge de Caunes donne l’idée du sang, image qui encore aujourd’hui fait mal à la petite-fille d’Edmond Agnel, qui repose dans le petit cimetière, Edmond Agnel fut pendu le 22 avril 1944 , sans jamais trahir les résistants.

Anne-Marie Faury, nièce d’Antoine Armagnac est toujours fidèle à cette cérémonie, et c’est accompagnées de la conseillère municipale de Caunes que ces trois dames ont déposé deux gerbes au pied de la stèle.

Puis la Marseillaise et le chant des partisans ont retenti mettant fin à cette première célébration, tous ont quitté ces lieux, mais pas sans saluer la tombe d’Edmond Agnel.

P1030198.JPG Puis l’ensemble des familles ont rejoint l’espace de rassemblement pour la commémoration de ce 66e anniversaire en présence des élus du département.

07:33 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

07.08.2010

66e anniversaire de la 2e tragédie de Trassanel

Les anciens du maquis de la Montagne Noire, Cabardes, Minervois vous invitent à venir vous joindre à eux le dimanche 08 août 2010 pour le 66e anniversaire de la 2e tragédie de Trassanel ;

rendez-vous à 8h30 à Trassanel pour se rendre à la Pierre Plantée, bloc de marbre à mi-chemin de la grotte du maquis pour ceux qui le désirent et qui le peuvent.

Historique de la tragédie, retour à Trassanel pour se joindre au groupe qui revient du ruisseau de la Grave pour se rendre sur la tombe d’Edmond Agnel, première victime de la tragédie le 22 avril 1944, et ensuite se rendre avec les personnalités au monument aux morts pour clore la cérémonie.

Dans ce haut lieu de la résistance de notre région, la Pierre Plantée aux couleurs du sang versé restera le symbole du courage , mais aussi du sacrifice pour la Liberté.

08:28 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

Les maîtres marbriers caunois

P1020431thierry auneau fete du marbre.JPGL’exploitation des carrières de marbre sur la commune a laissé des noms des artisans locaux qui n’étaient peut-être pas des sculpteurs mais qui ont exécuté de véritables chefs-d’œuvre, dignes d’être appelés « sculptures ».

Le contact avec les maîtres sculpteurs italiens a énormément favorisé les marbriers caunois. Ces derniers se spécialisaient dans les colonnes, les pilastres, les tombeaux d’autels, les chaires, les panneaux destinés aux soubassements, des colonnettes, des frises et des baldaquins, tout cet artisanat de haut niveau est encore visible dans nombre d’église.

Cela se passait à l’époque où le marbre concurrençait le bois. Beaucoup d’églises comme les décors de l’église St-Martin à Limoux et St-Vincent de Montréal sont les témoins du savoir-faire marbrier des sculpteurs italiens.

P1020190beatrice devant le bateau la marbrerie.JPGL’église de Caunes est une preuve indiscutable de la conception et du goût du mélange : marbre incarnat et marbre de Carrare, où sculpteurs italiens et caunois ont donné là un exemple de maîtrise du travail sur marbre.

Les bénitiers et la sainte table sont nés d’un seul bloc de marbre incarnat, la chaire à prêcher est l’œuvre de Joseph Grimes maître marbrier.

L’église de Lespinassière est aussi un « témoin » de l’art de travailler le marbre de Caunes avec un bénitier en marbre qui fut réalisé par Jean Fortin pour la somme de 72 livres et posé le 15 août 1701.

La place Carnot à Carcassonne intitulée « le bassin de Neptune » en marbre rouge de Caunes est l’œuvre des sculpteurs italiens.

En 1818 le ministre secrétaire d’Etat dans son rapport au préfet de l’époque « félicite Monsieur Molinier père et fils de Caunes, maîtres marbriers, artistes distingués ».

De ce passé prestigieux, il reste des cheminées, des cuisines en marbre, des éviers, que l’on peut admirer dans certaines maisons du village.

Le renouveau de la sculpture sur marbre a été donné par la mise en place de symposiums où des grands sculpteurs européens et même au-delà ont remis en vedette le marbre.

Depuis 2000, bien des progrès avec la reprise ou le maintien des exploitations marbrières : carrières des Italiens, de Villerembert.

P1020443stand du sculpteur j m lafitte fete du marbre.JPG Exploité depuis l’époque romaine, le marbre est une des identités de Caunes.

L’économie marbrière ne devrait plus être un mythe, elle a franchi des étapes décisives grâce à plusieurs artistes dont des Caunois, comme Thierry Auneau ont repris le flambeau, voici une carte de visite très positive pour réussir cette éventualité « redonner au marbre une place prépondérante a l’économie de la commune ».

08:21 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

28.07.2010

Minerve - Commémoration 1210- 2010

P1030028minerve les huiles public enfants 2010.JPGEn 1210 Minerve a été assiégée par les troupes de Simon de Monfort. Après sept semaines de siège, citerne à sec, accès au puits détruit, canicule et échec des négociations Guilhem de Minerve capitule le 22 juillet 1210.

Les troupes croisées entrent alors dans Minerve en chantant le Te Deum. Simon de Montfort, l’abbé de Cîteaux, Arnaud Amaury promettent la vie sauve à qui veut se convertir à la religion catholique. Le refus des Cathares les condamnent à l’un des plus grands bûchers collectif de la croisade. Ainsi 14 à 180 Bons Hommes et Bonnes Femmes vont périr brûles dans les flammes. Trois seulement seront sauvées.

P1030036discours didier vordy.JPG A l’occasion

Depuis le 19 jusqu’au 25 juillet le comité des fêtes a proposé un cycle de conférence, de documentaires sur les cathares, la Croisade, ainsi que des animations des rues avec des troubadours, des concerts, de la calligraphie etc.… Le 22 juillet date fatidique 8 siècles plus tard Minerve par la présidente du Comité Audrey Vordy déclarait  : « Nous sommes aujourd’hui ici pour la mémoire de ces hommes et de ces femmes, c’est pour cela que nous avons œuvré et monté cette semaine de manifestations, afin de ne pas oublier le passé, celui de notre région, celui de notre village ».

P1030045philippe chopin discours.JPG Tous les intervenants invités pour cette commémorations du maire Didier Vordy en passant par la conseillère régionale, aux conseillers généraux, aux présidents des associations occitanes, au représentant de l’Etat par le sous-préfet Philippe Chopin, tous ont apporté leur soutien à cette grande manifestation historique au cours de laquelle le moment fort fut celui où le voile qui recouvrait la plaque commémorative exécutée par l’artiste de Minerve, Fourneré, fut retirée par les enfants avec le concours du sous-préfet de Béziers Philippe Chopin.

P1030049laplaque minerve avec enfants 2010.JPG Après le verre de l’amitié, place était donnée à « La Chanson de la Croisade albigeoise », titre original Canson de la crosada.

C’est un poème manuscrit en langue d’Oc entre 1208 et 1218 par deux auteurs différents et racontant les évènements survenus dans le Languedoc depuis l’invasion du comté de Toulouse et des Albigeois.

Guillaume de Tudèle est l’auteur des premiers 2772 vers et un auteur anonyme est celui de la seconde partie de la Chanson, c’est à dire 6800 vers. La Chanson de la Croisade est une œuvre musicale construite à partir et avec un texte historique, la musique de Gilles Arcens est épique et flamboyante, elle permet à la fois de parler du passé, du sac de Béziers et de la prise de Minerve, mais aussi de lui donner un caractère actuel à l’instar d’une musique de film. Cette composition a puisé son inspiration du texte du XIIe siècle.

Les extraits, choisis et traduits de l’occitan par Yves Rouquette, ont été complétés de poèmes de Louisa Paulin, Bernard Sicard de Marvejols, Peire Cardinal et Raymond Figueira.

Pour écouter ce concert, le public venu des quatre coins du Languedoc, a pris place dans le lit de la Cesse aux pieds des remparts, pour écouter le chœur et l’orchestre du Pays qui ont interprété La chanson de la Croisade avec fougue, passion, talent.

Les auditeurs conquis, séduits, ont salué avec force la prestation, renouant ainsi avec un fait historique émouvant.

La musique de Gilles Arcens, les textes du poète occitan Yves Rouquette.

La Compagnie In Situ a ouvert le récital par Breçairola de Gilles Arcens, puis par les Raisons de la guerre dont le texte parmi de tant d’autres a été traduit par Yves Rouquette.

C’est accompagné d’un ciel étoilé que ce concert a résonné dans les gorges de la Cesse lui prêtant une acoustique extraordinaire.

P1030046les enfants plaque dévoilée avec Vorrdy maire et philippe Chopin.JPGC’est sous une pluie d’applaudissements que cette première journée commémorative s’est terminée, pour mieux reprendre jusqu’au dimanche 25 juillet avec deux artistes par La Compagnie Il était une fois  avec Fabien Bages, le conteur Hervé Berteaux et à 21h 30 Joanda un artiste languedocien. Le festival de Minerve comme le P1030056orchestre choristes bonne photo article.JPGsphinx est reparti, il a toutes les chances de faire une longue carrière.

09:51 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

16.07.2010

Un 13 juillet pour un 14 juillet

P1020909 feu d'artifice les enfants.JPGChaque année la commune de Caunes fête la prise de la Bastille le 13 juillet et laisse le 14 pour sa capitale départementale Carcassonne.

 C’est aux environs de 22h que le cortège a pris la direction du vieux village pour se rendre au stade Maurice Jourtau

P1020910la bandas feu d'artifice.JPG Pour la première fois un groupe musical «La Tuna de Ciencias de Grenada » a conduit le public aux sons de la guitare , de la mandoline, du luth , de la guitare mexicaine , du tambourin, tous ces jeunes musiciens ont donné le rythme de la marche vers le stade ou les artificiers étaient fin prêts pour ce feu d’artifice 2010

Durant une quinzaine de minutes les Caunois , les touristes se sont émerveillés devant le ciel illuminé d’étoiles :vertes , bleues , dorées , blanches , rouges , le bouquet final fut très applaudi.

 C’est sur l’Esplanade de l’Europe que les musiciens de « La Tuna de Ciencias de Grenada » ont donné la P1020914 carine feu d'artifice.JPGsérénade aux vacanciers, et aux villageois.

P1020912feu d'artifice la foule.JPG Après quelque morceau de musique, ce fut au tour de la disco mobile d’enflammer les danseurs

 Petits et grands ont regagné leurs pénates avec encore dans les yeux l’éclat de ce feu d’artifice.

13:43 Publié dans histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |