04.12.2009

Viticulteur caunois, Nicolas Assemat était à la manif de Montpellier

Nicolas Assemat ja de caunes 001.jpgNicolas Assemat fait partie des Jeunes agriculteurs (JA). Agé de 32 ans, il a repris l’exploitation viticole familiale depuis une dizaine d’années. C’est 40 hectares que ce jeune viticulteur entretient, soigne, diversifie pour le maintien de son outil de travail.

Selon vous que faut-il faire ? Manifester ? Se taire ?

Nicolas : Je me suis engagé pour le maintien de la viticulture caunoise, audoise et même au delà pour l’ensemble des la région Languedoc-Roussillon. J’ai été dans un premier temps le président des Jeunes agriculteurs du canton de Peyriac, actuellement je suis le vice-président des Jeunes agriculteurs de l’Aude, responsable de la filière viticole au département et à la Région.

Est-ce à ce titre que vous vous êtes rendu à Montpellier avec les viticulteurs de la Région ?

Il m’était impossible de rester les bras croisés, il fallait montrer le désarroi de la viticulture languedocienne. J’étais accompagné de plusieurs viticulteurs du canton..

 Quels ont été vos sentiments face à la réaction des uns et des autres ?

Un grand dégoût principalement, lié à la succession des différentes manifestations. Je suis forcé de constater l'accroissement des difficultés et la diminution des effectifs agricoles et avec elle tout ce qui se rattache à la vigne. Cela va du vigneron en passant par les commerces,... C’est donc toute l’économie locale qui est mise à bas.

 Les dernières vendanges ont pourtant donné un millésime de très haut niveau, pourquoi autant de pessimisme ?

C’est la première fois que l’après-vendange ne voit aucun vigneron faire des travaux de réparation ou d’aménagement dans les parcelles. Le manque de trésorerie est omniprésent, certains viticulteurs ont dû revenir chez leurs parents et vendre la maison qu’ils avaient fait construire.

 Pour vous quel sera le bilan 2009 ?

J’ai bien senti au cours de cette manifestation qu’elle est une des dernières si demain les élus ne font pas le maximum pour légiférer sur les répartitions des marges. Le revenu des viticulteurs est divisé par trois, alors que le prix du vin n’a pas diminué en grande distribution, la répartition de la marge n’est pas équitable.

 Que faut-il faire selon votre analyse de la situation actuelle. Et comment améliorer la profession dans le futur ?

La profession doit s’organiser pour gérer le marché en collaboration avec les autorités suivantes : le syndicat des Vignerons du Midi, les JA , les présidents et les directeurs des groupements de producteurs.

  Que comptez vous faire pour 2010 ?

Nous allons tout faire pour que cette campagne autour de la même table soit faite, il faut travailler tous ensemble , je pense que cette synergie doit aussi venir du Département de l’Aude. Tous Les JA, mais aussi tous les viticulteurs aimeraient voir cette organisation se mettre en place avec le concours des grands responsables de la profession car la pression risque d’être active si cette situation n’évolue pas.

 Vous êtes aussi un membre coopérateur de la cave coopérative Caunes –Trausse la situation est-elle identique ?

La coopération doit s’organiser et prendre à bras le corps cette organisation sinon c’est le Languedoc-Roussillon qui sera en plein bouleversement.

L’avenir paraît bien sombre, n’existe-il aucun espoir ?

Effectivement l’avenir est incertain, mais l’amour du métier nous tient « aux tripes », même ceux qui voient disparaître leur outil de travail en raison de l’endettement.

La diversification des cultures pourrait-elle être une des solutions ?

La diversification est déjà en cours pour certains avec des cultures comme l’olive, les céréales, et la filière bio qui vient de pointer son nez.

La seule sortie de secours sera économique, le cours du vin, l’agressivité sur les marchés et la fédération des moyens de communication et de promotion pourront induire une économie salvatrice. Nous savons très bien faire le vin, il nous faut nous atteler à bien le vendre l’avenir de milliers de viticulteurs en dépend. L’espoir peut venir d’un marché international, alors retroussons les manches !

18:39 Publié dans viticulture | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

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